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La grande histoire de Bauer-Thermopyles / 2


Courant janvier 1997, avec l’aide d’architectes et de paysagistes, l’association synthétise les réponses au questionnaire et les remarques recueillies lors de la réunion publique de novembre et rédige un feuillet de propositions, résumées en cinq principes d’aménagements :

  • extension maximum du jardin jusqu’à la rue Didot,
  • pas de construction au-dessus de trois étages, une “zone U.L.”* (urbanisation légère) pour Bauer-Thermopyles,
  • attribution des nouveaux locaux : logements sociaux*, équipement pour la petite enfance*, implantation d’un lascart*,
  • limitation de la place de l’automobile,
  • préservation des 10 et 12 rue Cité-Bauer et de la maison de l’imprimeur* au 40 rue Didot : ce dernier point est en accord avec 80% de la population du quartier et avec les autres associations défendant le site.

U&D demande que soit organisé un référendum d’initiative locale* où le projet d’aménagement serait soumis à l’approbation des riverains.

Le 29 janvier, le maire de Paris, flanqué du maire et de la députée de l’arrondissement, convoque les journalistes rue des Thermopyles pour présenter un énième projet, fraîchement sorti de ses bureaux et reflétant sa volonté de faire un “urbanisme à visage humain”.
Manque de pot, une “fuite” amène là une délégation d’habitants et de membres de l’association qui brandissaient une banderole “Où est passée la concertation promise ?”. Les représentants municipaux adoptent alors la technique du mutisme et la conférence de presse* est détournée chez un habitant où les représentants de l’association expliquent aux journalistes et caméramans de FR3 tout le dossier et rendent publics les résultats de la consultation des riverains.

Le 4 février, Anne-Marie Couderc, adjointe chargée de l’urbanisme, tente de désamorcer le mécontentement en organisant une réunion publique d’information à la mairie du 14e. Devant 200 personnes (la salle des mariages était pleine), elle présente deux versions du projet concocté par ses services sans jamais avoir rencontré les associations. La ficelle est trop grosse : les deux projets sont inacceptables au vu des demandes des habitants... mais l’un d’entre eux est encore plus inacceptable que l’autre. Une confusion s’installe chez certains qui croient devoir choisir un projet présenté en une demi-heure dans une salle comble. La réunion devient houleuse et Anne-Marie Couderc promet des réunions de travail* avec ses services.

Ce n’est que le 7 avril que la première réunion de travail avec le cabinet* d’Anne-Marie Couderc a lieu, au cours de laquelle les services ne font qu’enregistrer les demandes des associations.

En avril, J.C., passé de l’Hôtel de Ville à la présidence de la république, dissout l’assemblée nationale en plein vol. Cela donne un nouvel élan au début de concertation et trois nouvelles réunions de travail avec les services techniques* nous sont aussitôt proposées. Cela n’empêche pas l’Opac* de publier, le 18 avril, un appel d’offre pour les constructions à Bauer-Thermopyles. Une nouvelle réunion publique est organisée par l’association dans laquelle le dossier est relié à celui de la Zac* Didot qui présente les mêmes tares d’un urbanisme dépassé.

Une manifestation est décidée pour le 12 mai sur le thème “Imposons la concertation” Elle rassemble environ 150 personnes devant la mairie d’arrondissement. Le maire vient nous dire de ne pas nous inquiéter, qu’il veille au grain et que le quartier, une fois rénové (aussi bien à Bauer-Thermopyles qu’à Didot), sera bien plus agréable qu’aujourd’hui.

Dans les deux réunions de travail qui vont suivre, seule la demande d’une dé-densification du programme sera acceptée. Les locaux associatifs, la crèche, l’élaboration du projet de jardin sont autant de sujets systématiquement écartés des discussions par le chef de cabinet de Mme Couderc.

Le 2 juillet, au cours d’une dernière réunion, on nous présente trois projets d’aménagement parmi lesquels nous sommes poliment invités à choisir.

Fin septembre, l’association organise une nouvelle consultation dans le quartier en présentant les trois projets et en demandant aux habitants de répondre sur papier libre, afin de n’influencer aucune réponse. Le dépouillement fait apparaître qu’aucune des propositions retenues par la mairie ne satisfait les habitants ; l’une d’entre elle est cependant jugée comme pouvant servir de base de discussion avec les services de la Ville.

Le 2 octobre, la Ville demande à Yves Lion, architecte-coordonateur* du projet, de plancher sur cette solution.

En avril 1998, Anne-Marie Couderc fait partie des “putschistes” de la majorité municipale, aux côtés de Jacques Toubon. En punition, sa délégation en matière d’urbanisme lui est immédiatement retirée par le maire de Paris, Jean Tiberi. À partir de là, le dossier sera directement piloté par le cabinet du maire.

Le 20 juin, une grande fête de rue est organisée afin de se retrouver en d’autres moments que dans les manifestations et réunions publiques : le succès est au rendez-vous. Tellement, que nous prenons l’habitude d’organiser des rencontres entre habitants tous les trois mois au maximum.

Le 24 juin nous pouvons voir la maquette faite par Yves Lion et rencontrer les architectes qui seront en charge des diverses constructions. Aucune des observations que nous formulons ne sera alors prise en compte. Rien n’est toujours proposé quant à l’aménagement du futur jardin.

Le 2 juillet, au Conseil de Paris*, le maire fait voter l’autorisation de démolir la maison de l’imprimeur au 40 rue Didot prétextant de son “mauvais état général”*.

Fin septembre, le conseil d’arrondissement* adopte un projet de jardin (l’opposition municipale* ne prenant pas part au vote). Il ne correspond en rien aux premiers souhaits exprimés par les habitants, et pour cause, puisque aucune association n’a été contactée ! Dans un courrier à la Ville, U&D redemande que des réunions de travail soient organisées entre les services techniques et les associations afin de réfléchir ensemble à l’aménagement de ce jardin. Nous décidons de faire un nouveau questionnaire axé uniquement sur cet aménagement.

Pendant l’hiver, nous soutenons les demandes de deux habitants du n° 7 rue des Thermopyles dont la maison doit être détruite, afin de leur trouver un logement équivalent dans le quartier proche.

“On voit bien qu’avec ce projet de lampadaires napoléon III vous cherchez par tous les moyens À contenter les habitants, mais là, vous allez trop loin, ils n’ont jamais demandé ça, ce n’est pas dans l’esprit du quartier.”
(l’architecte-coordonateur)

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