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Histoire de la bataille de la zac Didot


La Zac* Didot a été lancée en 1988 et confié à la Semirep*, société d’économie mixte responsable de la destruction d’une grande partie de l’est du 14e arrondissement.

A l’époque le programme comprenait :

  • la construction de
    • 99 logements PLA* (logements sociaux, 24 F le m2 en location)
    • 130 logements PLI* (logements sociaux, 53 F le m2 en location)
  • la reconstruction et l’agrandissement de la crèche Sainte Léonie
  • la réalisation d’un jardin public
  • la construction d’un parking de 270 places
  • la construction d’un terrain de sport
  • la réalisation de dix ateliers logements.

Ces constructions prévoyaient la destruction des garages des Transports automobiles municipaux, du 32 (RdC), 34 (R+1*) et 36 (R+3*) rue Pernety, du 67 rue Raymond Losserand (maison basque et ateliers), du 69-71 rue Raymond Losserand (bâtiment R+6* du Château ouvrier, bâtiments R+1* de l’allée jardin et bâtiment R+1*(commerces et habitations) rue R. Losserand) alors que 21 locataires occupaient les lieux depuis plus de cinquante ans pour certains.

La crèche et le parking sont réalisés en 1993/94.

Les bâtiments du 67 rue Raymond Losserand sont détruits en 1995.

Le programme de 10 ateliers d’artistes est abandonné.

La Semirep* (l’aménageur) est absorbée par la SemeaXV (autre Sem* Ville de Paris) en 1997.

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5 juillet 1997

Les travaux de constructions des 99 logements PLA débutent en mars 1997, coté rue du Château. Urbanisme & démocratie (U&D) organise une réunion publique qui rassemblera plus de cent personnes à Notre Maison le 27 mars 1997. L’assemblée vote à l’unanimité le blocage du chantier. Les manifestations se tiendront tous les mardis, puis deux fois par semaine du 1er avril 1997 au 10 juin 1997

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place Moro-Giafferi

Alors que la Ville fait la sourde oreille et ne veut pas rencontrer les représentants associatifs, Jacques Chirac dissout l’Assemblée nationale et nous entrons en campagne électorale. Comme par miracle, une première réunion de négociation est organisée le 15 mai 97 avec les services de la Ville.

Le 27 mai 1997, un mystérieux justicier masqué, Zacman*, intervient, en accrochant une banderole de 18 mètres sur la grande grue de la Zac. Au même moment, la Sagi* (le maître d’œuvre*) assigne Urbanisme & démocratie en référé avec une très forte demande de dommages et intérêts. L’ordonnance du Tribunal de Grande Instance de Paris du 17 juin 1997 déboute la Sagi* de toutes ses demandes.

Plusieurs réunions de travail seront organisées avec la Ville jusqu’en novembre 1997.

En octobre 1997, Lionel Assouad, maire de l’arrondissement, annonce la réhabilitation du Château ouvrier et du 36 rue Pernety, ainsi que le relogement sur place en PLA de ses 21 occupants. Le Plan d’Aménagement de Zone de 1988 (Paz*) est donc abandonné.

Les 99 PLA* en cours de construction seront achevés. Leur densité excessive et leur esthétique sont fortement dénoncées par la majorité des habitants.

En avril 1999, une réunion rassemblant tous les services de la Ville et les associations fut l’occasion de découvrir les dernières modifications du nouveau Paz.

Plusieurs nouveautés sur ce Paz* : une réduction du nombre de logements à réaliser (une centaine, y compris les réhabilitations) répartis en 15 PLA*, une quarantaine de PLI* et une quinzaine d’accession à la propriété (ASP*). Le programme de 10 ateliers d’artistes a été remplacé par une "Maison de l’estampe", à caractère privé et une dizaine de logements libres. Par contre, aucune structure sociale, aucun équipement pour la petite enfance, ni aucune maison de quartier n’y sont prévus. Après l’intervention d’U&D, les 10 ateliers-logements reviennent au programme.

Le nouveau Paz* est présenté au Conseil de Paris le 13 juillet 1999.

L’enquête publique sur le nouveau Paz se déroule du 8 novembre au 11 décembre 1999. U&D ne ménage pas ses efforts pour mobiliser la population, expliquer les enjeux de la concertation. Pas moins de 600 remarques seront consignées sur le cahier du commissaire-enquêteur. En tête vient le besoin de locaux pour les associations, suivi de près par le manque de places en crèche. Le rapport du commissaire, rendu fin janvier, donne un avis favorable au projet. Cet avis est assorti de réserves expresses et de recommandations parmi lesquelles le besoin immédiat d’ouvrir une structure sociale au sud de l’arrondissement, celui de prévoir 150 à 200 m2 de locaux pour les associations dans les futures constructions, ainsi qu’une crèche supplémentaire aux abords immédiats de la Zac.

Au cours d’une réunion publique organisée à la mairie du 14e, le 21 mars 2000, Lionel Assouad, maire de l’arrondissement, a (tardivement) abondé dans le sens des demandes des associations. Il a confirmé les recommandations du commissaire-enquêteur, refusé de rehausser les immeubles de l’allée du 69 rue Raymond-Losserand... et surpris tout le monde en cédant au lobbie nimbyste* des riverains de l’impasse Sainte Léonie qui ne voulaient pas d’immeuble sous leurs fenêtres. L’immeuble ne sera pas construit, ce qui fait qu’un autre immeuble en cœur d’îlot, de six étages ne pourra être rabaissé et que son voisinage (qui n’a pas su s’activer autant que les agités de l’impasse Sainte Léonie) connaîtra les joies de l’ombre et des courants d’air. U&D, qui avait entendu la plupart des protagonistes depuis 1997, préconisait deux immeubles de deux étages afin de ne léser personne. Le maire, à la traîne depuis quatre ans sur ce dossier, a essayé de rattraper le coup un an avant les élections sans se rendre compte qu’autant d’habitants se sentiraient frustrés là où les six étages subsistent.

Il reste que le jardin sera nettement agrandi grâce à cette non-construction (il aurait pu l’être de la même façon si l’autre immeuble n’avait pas été construit) et que nous bénéficierons d’un espace vert de 4000 m² au cœur de l’îlot. Il sera malheureusement ceinturé de grilles de 2,20 m de haut et fermé la nuit.

Le terrain de sport sera finalement couvert pour devenir trois salles de sport ouvertes aux écoles et collèges du quartier (demande d’U&D depuis 1997) et le maire répondra favorablement à notre demande qu’au moins une de ces salles soit organisée en salle polyvalente. Dans un élan de générosité, il a même répondu en conseil d’arrondissement, à une question que nous avions fait poser par l’élu socialiste Pierre Castagnou : "Mais évidemment, et même les trois salles pourront être polyvalentes".

U&D a demandé que des réunions de concertation soient organisées avec les associations pour que nous puissions examiner ensemble les nouvelles orientations du projet. Il nous a été répondu qu’il n’en était pas question et qu’il fallait laisser travailler tranquillement les services techniques* et l’aménageur*. Une réunion d’information pour nous présenter les plans du futur jardin nous sera cependant très certainement proposée. Nous pourrons y choisir, comme à l’habitude, si nous préférons des dahlias ou des hortensias.

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