Urbanisme et démocratie

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Une “Maison grecque” aux Thermopyles


La maison grecque, une histoire insolite
C’est une maison grecque, tournée vers les Thermopyles, on ne la voit pas, ceux qui vivaient là l’on peinte blanche et bleue…”

Connaissez-vous l’histoire de cette petite maison qu’on aperçoit à peine depuis la rue des Thermopyles, bien cachée derrière un petit jardin qui sent bon le métropolitain ? Dans les années 1980, ses habitant-e-s, modestement logé-e-s dans sept chambres, un deux-pièce et un trois-pièces décidaient d’embellir leur habitat. Leur propriétaire faisant la sourde oreille, il-elle-s ont mis une main à la poche et l’autre à la pâte pour, suite au voyage de l’une d’entre elles-eux en Grèce, blanchir les murs à la chaux et peindre les volets de la maison en bleu. Des jours heureux s’écoulèrent dans la maisonnette et son jardinet jusqu’à ce que, à l’aube des années 90, la Ville de Paris expulse brutalement ses habitant-e-s pour y mener à bien ses projets de bétonnage du secteur (logements privés inaccessibles aux bourses des habitant-e-s de l’époque, 0 m² de jardin public au lieu des 6700 promis quelques années plus tôt !).
C’est à ce moment qu’est créée Urbanisme & démocratie (Udé !) qui mobilise le quartier pour revendiquer un autre projet d’aménagement : logements sociaux ou très sociaux, espaces publics en nombre pour permettre les rencontres et les échanges, jardin public, jardin partagé, locaux associatifs, terrain de pétanque et même un petit équipement d’amusement sportif. Au fil des discussions, des enquêtes publiques et des mobilisations du quartier, l’association finira par avoir gain de cause sur la plupart des projets proposés. Mais entre temps, la maison peinte de bleu et blanc a bien failli être détruite.

Sauvée in-extremis
C’est lors d’une réunion de travail, dans les sous-sols de l’Hôtel de Ville de Paris que son sort s’est joué. Udé ! avait fait venir des habitant-e-s, non-adhérent-e-s à l’association, en leur demandant de s’exprimer devant le maire du 14e, l’adjointe à l’urbanisme du maire de Paris et les services techniques de la Ville. C’est ainsi que lorsqu’un sombre bureaucrate, qui ne s’était jamais déplacé dans le quartier, a dit qu’ils allaient détruire le pavillon de fond de cour du n° 9 de la rue de Plaisance, une habitante a pris la parole. Elle revenait d’un séjour en Grèce, pays de son beau-frère. Passant fréquemment dans la rue, les couleurs de la maison lui évoquaient nécessairement ce pays ensoleillé. Et pour elle, cette maisonnette était devenue la “maison grecque”. Comprenant qu’on voulait la détruire, son cœur a parlé : “Mais vous n’allez pas détruire la maison grecque tout de même” ?
Stupeur chez les costumes-cravates. Non seulement aucun d’entre eux ne connaissait le secteur à aménager mais, quelques mois plus tôt, la destruction d’une authentique maison basque au milieu de ce qui est devenu le quartier de la Garenne avait déclenché une fronde dans le quartier, abondamment relayée par la presse locale et nationale. Le maire du 14e ne voulant réitérer une mauvaise opération prend alors la parole après un silence pesant : “s’il y a une maison grecque, eh bien nous la préserverons”. Devant l’insistance de l’habitante, relayée par Udé ! qui voit là le moyen de faire tomber le plan d’aménagement et de pouvoir avancer ses propositions lors de l’élaboration d’un nouveau projet, le maire se ravise en s’adressant aux services techniques : “je vous demande de revoir la copie en présentant un projet qui préserve cette maison grecque”.
Alors, merci à la Grèce, merci aux deux habitantes hellénophiles, merci aux locataires de la maison grecque de l’avoir peinte aux couleurs des maisons de ce pays. Non seulement elle a été sauvée des pelleteuses mais grâce à sa préservation, tout le projet a été repensé et, s’étant à nouveau manifestés, les habitant-e-s ont fini par être (presque) entendus par nos différents décideurs.

Presque ?
Eh oui, car tout n’est pas terminé. Si nous pouvons raisonnablement espérer que l’aménagement du “jardin des fêtes” (la cour du 2-4, rue des Thermopyles) promis en 2001, prévu pour 2004, puis 2006, 2008, 2011, 2012, 2013, devrait voir le jour au printemps 2014, il restera encore à aménager la fameuse maison grecque ! Et la problématique foncière est presque aussi complexe que pour l’aménagement du jardin des fêtes… l’expérience en plus. La Ville aura-t-elle la volonté d’aboutir ? D’écouter les propositions venant de l’association ? Ou préférera-t-elle encore jouer la montre, laisser pourrir et priver le quartier d’un équipement nécessaire et de logements sociaux ?

Des propositions
Du vrai logement social
Depuis bientôt 12 ans, alors que de plus en plus de personnes n’ont rien pour se loger, une maison dont tous les lots appartiennent à la Ville de Paris est vide en plein cœur d’un quartier qui ne cesse de s’embourgeoiser. Quel-le élu-e mettra fin à ce scandale ?
Les réflexions d’Urbanisme & démocratie sont à l’origine de la création du Collectif logement Paris 14 et de la pension de famille de la rue des Thermopyles. Notre association souhaite poursuivre dans cette voie, estimant qu’il n’y a toujours pas assez de “vrai” logement social dans un arrondissement parisien qui s’embourgeoise.
Pour la définition des logements, leur conception et leur mode de gestion, l’idée est de travailler en commun avec une association du type Pension de famille ou Solidarités Nouvelles pour le Logement Paris 14. Des contacts positifs ont déjà été pris en ce sens. Afin de disposer d’un maximum de places dans les logements, divers équipements pourront être mutualisés par les habitants, dans les espaces peu éclairés du rez-de-chaussée (machine à laver, outils, etc.).

Depuis 20 ans, une association qui a œuvré pour créer des espaces de rencontre, de faire-ensemble, qui mobilise son quartier pour la solidarité, le refus du repli sur soi… n’a aucun moyen pour fonctionner. Elle a obtenu ou permis (parfois avec d’autres) de trouver des locaux pour que de nombreuses autres associations (Florimont, Migrants-Plaisance, Moulin à café, Pension de famille, Cepije…) ou des institutions de l’État ou de la Ville (Maison de la Justice et du Droit, Mission locale Pari d’Avenir, Centre social Didot-Broussais, Antenne Jeune Didot mais aussi Maison des associations, centre d’animation Vercingétorix, salles associatives du Moulin des lapins et du Saint-Gothard…) y exercent leurs activités. Aujourd’hui elle anime un jardin partagé qui va voir sa surface étendue (400 m²) pour y cultiver autant la terre que le vivre ensemble. Elle mutualise son matériel ou sa documentation avec d’autres associations. Elle le stocke bon gré mal gré ici ou là, en fonction de la place disponible dans les placards ou les caves de ses adhérent-e-s. Aussi revendique-t-elle des locaux dans ce pavillon jouxtant le jardin des fêtes comme celui lui permettant de mieux travailler avec le quartier au lieu de perdre son énergie dans de la logistique à longueur d’année. Quel-le est l’élu-e qui aura “l’audace” de soutenir cette demande et de faire en sorte qu’elle aboutisse ?

Activités associatives
Ce quartier a une histoire et Udé ! en fait partie. Notre association a obtenu la gestion du jardin partagé en cours d’élaboration et souhaite aussi pouvoir disposer de ses propres locaux ; la Maison grecque, par sa proximité et son lien direct avec le jardin partagé, est l’endroit idéal.
Comme Udé ! le fait déjà mais de manière très limitée du fait de l’absence de locaux propres, nous souhaitons développer, grâce aux espaces de stockage disponibles, la mutualisation d’équipements nécessaires aux activités des nombreuses associations ou collectifs partenaires de la nôtre (prêt de tentes, de tables et chaises, de guirlandes électriques, de matériel électrique, d’échelles, de matériel sono, etc.).
Les besoins et projets d’Udé !
• Udé ! a besoin de stocker un matériel conséquent, utilisé pour l’organisation des fêtes de quartier (tentes, matériel électrique, de sonorisation, jeux, tables, chaises, etc.), disséminé à plusieurs endroits (chez des particuliers, à l’association Florimont). Son regroupement faciliterait sa mutualisation (notamment la manutention) ;
• notre projet est d’animer un lieu-ressource sur les thèmes de l’aménagement urbain, la vie de quartier et son histoire, l’écologie urbaine, les expériences de fonctionnement démocratique, au sein d’une petite bibliothèque de quartier. Udé ! dispose déjà d’une documentation importante à mettre en valeur (fonds photographique, nombreux numéros des revues Territoires et Idf-Environnement, la quasi-totalité des archives du journal La Page, mais aussi des bulletins municipaux, plusieurs livres consacrés à l’écoconstruction, etc.) et a également l’intention d’investir dans d’autres ouvrages (en lien notamment avec les activités du jardin partagé) ;
• nous voulons développer des activités de bricolage (notamment réparation de vélos) au sein d’un espace dédié (atelier de quartier) qui pourrait aussi servir de lieu de stockage des outils du jardin partagé ainsi qu’à héberger une outilthèque de quartier au service des associations du quartier Plaisance. ;
• nous avons besoin de disposer d’une salle de réunion et d’un bureau (afin d’y classer nos nombreuses archives) ; la possibilité qu’elle puisse également être équipée d’un coin-cuisine serait un grand atout pour l’animation du jardin et l’organisation des fêtes de quartier ;
• afin de mener à bien ce projet, les locaux du rez-de-chaussée de la Maison grecque doivent ouvrir sur le jardin partagé.
L’aménagement du bâtiment peut être l’occasion d’un chantier collectif (en partie ou totalité) sous l’égide d’une association chevronnée (comme Chifoumi pour le jardin).
Enfin, le rôle que joue Udé ! dans la vie de quartier en faveur du lien social et de la vie de quartier ainsi que sa démarche d’ouverture et de mutualisation légitiment la demande d’un loyer gracieux pour l’utilisation de ces espaces associatifs.


Depuis sa création, Urbanisme & démocratie s’investit dans la vie de quartier par une démarche de solidarité à l’égard d’autres associations et collectifs* ; elle met à disposition son matériel au profit d’autres structures ce qui permet d’œuvrer à des projets animant la vie de quartier et renforçant le lien social. La possibilité de centraliser cet équipement dans un seul lieu facilitera et améliorera cette démarche très sensiblement (permettant même d’envisager des formations de prise en main de certains matériels). Cette démarche concernerait également le projet de "bibliothèque de quartier". De la même façon, la salle de réunion serait ouverte à d’autres associations partageant les objets similaires et les mêmes valeurs qu’Urbanisme & démocratie.
* Florimont, le Moulin à café, le journal La Page, la Compagnie Bouche-à-bouche, l’Amicale des locataires du 3, rue Général-Séré-de-Rivières, l’Amicale des locataires de la rue Georges-Lafenestre, CASDAL 14, Atelier Santé Ville 14e, le collectif Malakoff-Paris-Vanves, les conseils de quartiers Didot-Porte de Vanves et Pernety, Culture et hôpital, association des commerçants Les Plaisanciers, DRAPO, Les Hôpitaux joyeux, Musiques tangentes, L’œuvre ensemble, l’Amicale des locataires du 156 rue Raymond-Losserand, etc.


voir également : L’aménagement du quartier Thermopyles-Plaisance - juin 2008

fichier joint à cet article :
une maison grecque aux Thermopyles - 2.4 Mo




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