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quizz sur la vidéosurveillance


Le 20 octobre 2008, en Conseil de Paris, le préfet de police présentait le plan d’installation des 1226 caméras de surveillance dans l’espace public parisien, approuvé en cela par le maire et une grosse majorité des élus. C’est l’occasion de tester vos connaissances sur le sujet.













1. quel terme qualifie la surveillance de l’espace public ou privé par des caméras ?

    • vidéosurveillance
    • vidéoprotection
    • vidéogouzi-gouzi

2. dans le plan de la Préfecture, combien de caméras seront installées en moyenne par arrondissement ?

    • 25
    • 60
    • 93

3. combien existe-t-il déjà de caméras de surveillance dans l’espace parisien ?

    • 300
    • 1000
    • plus

4. la vidéosurveillance est-elle efficace pour lutter contre la délinquance ?

    • oui
    • non
    • peut-être

5. qui pourra bénéficier de l’installation des caméras ?

    • les habitants
    • les élus
    • les fabricants de caméras

6. y a-t-il des risques d’usage discriminatoire liées à la vidéosurveillance ?

    • oui
    • non
    • peut-être

7. dans le “plan des 1000 caméras”, quelles garanties donnera-t-on à celles et ceux qui craignent des menaces pour les libertés publiques ?

    • la création d’une commission de déontologie
    • la création d’un comité des tiques
    • le recours à la Commission nationale informatique et libertés (Cnil)

8. quelle réaction peut-on avoir quand on est filmé-e par une caméra de vidéosurveillance ?

    • “je n’ai rien à me reprocher”
    • “je me sens rassuré-e”
    • “je me sens surveillé-e”

1. réponse a
Depuis 2007, le ministère de l’intérieur parle de “vidéoprotection” mais cela s’appelle bien de la vidéosurveillance. Dans 1984, le roman de George Orwell, on trouve des slogans du genre : “la guerre, c’est la paix”, “la liberté, c’est l’esclavage”, “l’ignorance, c’est la force”. Maintenant, à Paris, “la surveillance, c’est la protection”.

2. réponse b
Le plan prévoit une soixantaine de caméras en moyenne par arrondissement : 1er (46 caméras), 2ème (25), 3ème (31), 4ème (52), 5ème (48), 6ème (35) , 7ème (68), 8ème (74), 9ème (50), 10ème (61), 11ème (49), 12ème (83), 13èmee (80), 14ème (62), 15ème (79), 16ème (83), 17ème (68), 18ème (93), 19ème (79), 20ème (60)
(“Plan de vidéoprotection pour Paris”, Préfecture de police, octobre 2008)

3. réponse c
Le nombre exact de caméras reste méconnu. D’après le “Plan de vidéoprotection pour Paris”, la préfecture dispose déjà de 240 caméras (dont la moitié à bord de véhicules, dont des hélicoptères), la Ville en possède 206 et il y en a 114 au Parc des Princes. C’est le réseau ferroviaire qui en utiliserait le plus (9600 pour la RATP et la SNCF Paris-banlieue). À tout cela, il faut aussi ajouter les caméras dans les espaces privés, qu’ils soient ouverts au public (magasins) ou non (entreprises).

4. réponse c
Les promoteurs de la vidéosurveillance s’appuient sur un argumentaire positif valorisant la baisse de la délinquance. Cependant, la plupart des enquêtes en la matière concluent à une faible efficacité de la vidéosurveillance sur cette question ; l’effet dissuasif et préventif des caméras reste extrêmement incertain et, au mieux, peut-on parfois noter un déplacement de la délinquance. Au Royaume-Uni, l’état comptant le plus de caméras de surveillance au monde (quatre millions), le responsable de la vidéosurveillance de la police londonienne déclarait : “c’est un fiasco complet : seulement 3% [des vols sur la voie publique] sont résolus par la vidéosurveillance” (The Guardian, 6 mai 2008).
C’est sur les finances publiques que l’impact de l’installation de caméras est le plus certain (plus de 44 millions € pour l’installation).

5. réponse b et c
Les conséquences du développement de la vidéosurveillance quant à “l’insécurité” et au “sentiment d’insécurité” sont faibles. Ce sont donc avant tout les fabricants et installateurs de caméras qui vont en bénéficier (pécuniairement). Quand aux élus, malgré l’inefficacité constatée des dispositifs, ils pourront “communiquer” sur le bilan positif de la vidéosurveillance à l’aide de quelques exemples valorisants bien choisis.

6. réponse a
Comment reconnaître un délinquant lorsqu’il passe dans le champ d’une caméra ? La détermination du potentiel criminel de tel ou tel individu va se baser sur les préjugés des personnes qui suivent les écrans de contrôle : une des rares enquêtes (britannique) sur le sujet a montré que ce sont avant tout des individus jeunes, de sexe masculin et à la peau noire qui font l’objet d’une attention soutenue ; “le port d’une capuche ou d’une casquette est systématiquement interprété par les opérateurs comme la preuve d’une volonté d’échapper au regard des caméras, donc comme démontrant une intention criminelle” (“La télésurveillance en question” (analyse du rapport “Assessing the impact of CCTV”, commandité par le ministère de l’intérieur britannique), association Souriez vous êtes filmés, juin 2008.)

7. réponse a
Pour justifier du bien fondé de leur démarche et conforter leur besoin d’habiller la démocratie municipale, de nombreux maires [...] tentent de mettre en place des comités d’éthiques chargés de « surveiller » la vidéosurveillance” (“Contre la liberté surveillée - guide pratique de la vidéosurveillance”, Ligue des Droits de l’Homme, décembre 2008). Quand la question des libertés publiques démange, on crée donc une commission de déontologie. Ce sera le cas à Paris avec une charte et une commission dont la moitié des membres sera nommée par le maire de Paris. Il existe aussi une “commission départementale des systèmes de vidéosurveillance” qui doit rendre un avis sur l’installation des systèmes de surveillance. La Cnil (notamment depuis la loi “Pasqua” de janvier 1995) a un pouvoir très limité en ce qui concerne la vidéosurveillance.

8. réponse ?
Beaucoup ont bien sûr tendance à rester indifférent au développement du maillage de la vidéosurveillance ; ses promoteurs comptent bien sur cette habituation des citoyens à l’envahissement des technologies intrusives de surveillance et de fichage. Cependant, cette démarche signifie bien que l’espace public devient un espace de méfiance où, dans cette “course au contrôle social généralisé qui se met en place depuis quelques décennies”, “chaque citoyen est placé en situation de suspect permanent” (“Guide pratique de la vidéosurveillance”).

d’autres sources :
- “Sous l’œil myope des caméras”, Noé Le Blanc, Le Monde diplomatique, septembre 2008
- “Télésurveillance”, Noé Le Blanc, Revue du MAUSS permanente, 14 décembre 2008
- “La vidéosurveillance, mirage technologique et politique”, Eric Heilmann, sur le site de la LDH de Toulon
- une conférence sur la vidéosurveillance, Collectif de Réappropriation de l’Espace Public de Starsbourg, décembre 2007

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